Prologue

« Alors, Jésus posa sur eux son regard plein de tristesse… »

Est-ce que tu connais le sentiment d’une totale incompréhension ? Quand les autres n’ont absolument aucune idée de ce qui est important pour toi, de ce que tu veux ?
Pendant trois ans, il a annoncé l’amour de Dieu - en paroles et en actes.
En paroles - par les paraboles et par sa prédication, parce qu’il a voulu essayer de faire comprendre aux hommes qu’ils peuvent faire confiance en Dieu.
En actes - par les guérisons et par sa tendresse il les a redressés.
Mais maintenant, à Jérusalem, c’est parfaitement clair :
Son message d’amour ne convient pas à tout le monde. Il provoque la résistance, le refus, la protestation.

Jésus est venu à Jérusalem pour célébrer la Pâques comme tout le monde.
C’est la plus grande de toutes les fêtes juives. Les Juifs croyants se souviennent de la libération de leurs ancêtres d’Egypte.
Comme autrefois, juste avant la fuite d’Egypte, ils célèbrent en hâte un repas et mangent de l’agneau rôti.
Jésus pressent : cette fois-ci, le repas aura une toute nouvelle signification.
Cette année, il y aura un autre agneau pascal.


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Pour célébrer ce repas, Jésus se retrouve avec ses disciples dans une salle.
Pendant le repas, il prend le pain et il rend grâces a Dieu ;
Ensuite, il rompt le pain et le donne à ses disciples.
Jusqu'à présent, rien de spécial. Tout se déroule selon le rituel prescrit.
Et pourtant, Jésus donne une signification toute autre et nouvelle à ce qu’il fait.
Il dit : Prenez, ceci est mon corps.
Il prend ensuite la coupe, prononce la prière d’action de grâces, et fait passer la coupe. Et il dit : Ceci est mon sang, le sang de l’alliance entre l’homme et Dieu.

Jésus et sa Bonne Nouvelle dérangent les prêtres et les scribes. Ils vivent très bien à l’intérieur de leur système. Ils ne veulent pas que quelqu’un remette tout cela en question. Dieu semblerait donc être là même pour les pêcheurs et pour les païens ?
Ils forment ce projet : éliminer Jésus en se servant d’une ruse.

C’est en Judas Iscariote, un de ses disciples, qu’ils trouvent le traître.
Il est probablement déçu par Jésus. Il a peut-être espéré que Jésus chasserait les Romains et établirait un nouveau royaume ? Il est prêt à leur livrer Jésus.
Après le repas, Judas s’enfuit. Jésus par contre, avec ses disciples, va dans un quartier situé en dehors des murs de la ville. Il y a une grotte et un jardin appelé Gethsémani.


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Qu’est-ce qu’il a vécu pendant cette heure ?
A-t-il échoué ? A-t-il espéré que son sort puisse encore changer ?
Il savait ce qui l’attendait : la trahison, l’humiliation, l’abandon.
Aucune main secourable. Aucune parole d’encouragement. Aucun Dieu Consolateur.

Il avait dit : Vous tous, vous allez succomber à cause de moi.
Non, la Bible ne mâche pas ses mots. Elle n’enjolive rien.
Elle relate : Il commença à ressentir tristesse et angoisse. Il prie : Mon âme est triste à en mourir. Et : Abba, Père, tout est possible pour toi. Que cette coupe passe loin de moi !
Et ses disciples étaient en train de dormir.

Judas vient avec une bande d’hommes armés portant des flambeaux.
Ils se sont donnés un signe : Celui à qui je donnerai un baiser, c'est lui ; arrêtez-le, emmenez-le et ne le laissez pas s’échapper.
C’est précisément avec un baiser que Judas scelle sa trahison.
Et tous les disciples abandonnent Jésus et s’enfuient.


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Jésus est alors traîné devant les tribunaux juifs et séculiers.
A-t-il encore une chance ? Où sont maintenant tous ceux qu’il a guéris ?
Où sont ceux qui, autrefois, ont tout laissé pour le suivre ?
Il se sent sûrement déchiré et misérable.

Le Grand Prêtre est la plus haute instance religieuse.
Il défie Jésus : Es-tu le Messie, le Fils de Dieu ?
Jésus dit : Je le suis. Or, c’est un blasphème !
Le jugement tombe à l’unanimité : Il est coupable et il doit mourir.

Et pourtant, c’est un autre qui va se salir les mains.
Seul Pilate, en tant que représentant de la puissance séculière Romaine, peut condamner quelqu’un à mort.
Mais les grands prêtres ne laissent rien au jeu du hasard.
Ils se sont assurés que Pilate allait vraiment faire ce qu’ils veulent, et ils le menacent de mille manières. Et puis, l’animosité de la part des grandes personnalités juives pourrait nuire à sa carrière ; bien que Pilate ne trouve en Jésus aucun motif de condamnation, il entre dans ce jeu. Et il permet qu’on se moque de Jésus. « Salut, roi des Juifs ! », vocifèrent-ils ; ils le couronnent d’épines, ils le couvrent d’un manteau de pourpre. Ils le flagellent et le fouettent.
Peut-être, pense Pilate, ceci suffira pour satisfaire les prêtres et les anciens.
Mais pas du tout - ils vont jusqu’au bout ; ils réclament sa mort et crient : crucifie-le !


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A cette époque, la crucifixion était la pire et la plus dégradante de toutes les formes d’exécution.
Jésus doit porter le bois de la croix à travers les rues de Jérusalem, puis gravir une carrière en dehors de la ville. C’est là que se trouve le lieu de l’exécution, sur une colline appelée Golgotha, ce qui signifie : Hauteur du crâne.
Des visages bordent son chemin. Grimaçant, ricanant, malicieux.
Mais il y a d’autres visages aussi ; pleins de compassion et de chagrin, pleins de mansuétude et d’amour.
Et il avance sur ce chemin jusqu’au bout.
Est-ce qu’il se rend de plus en plus compte que ce chemin va changer le cours du temps ? Qu’il a une profonde signification salvatrice ? Qu’il est en train de bâtir un pont entre le ciel et la terre, entre Dieu et l’homme ?
Et puis, il est crucifié.


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A la sixième heure - c'est-à-dire vers midi - les ténèbres couvrent tout le pays. L’obscurité dure trois heures.
Alors, Jésus crie d’une voix forte : mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Et il rend son esprit et il meurt.

Et voilà que le rideau du Sanctuaire se déchire en deux, du haut en bas.
Le rideau est une protection qui doit voiler la vision de Dieu.
Mais maintenant le voile est tombé. Le visage de Dieu rayonne en Jésus. Pour tout le monde. Dieu n’est plus caché.
Et le centurion qui se trouve face à Jésus, et qui voit cela, comprend. Il confesse : Vraiment celui-ci était fils de Dieu !
Est-ce que précisément maintenant – dans la souffrance et dans la mort – il reconnaît son Dieu ?


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Jésus est mis dans un tombeau neuf taillé dans le roc tout près de là. Une grande pierre est roulée à l'entrée du tombeau.
Tout l’espoir de beaucoup de personnes est enterré dans cette tombe.
Celui en qui ils ont cru est étendu là. Celui qui a donné une perspective à leur vie. Celui qui a parlé avec authenticité et conviction d’un Dieu qui promet à chacun une vie en plénitude.
Ces promesses, il les a déjà concrétisées quand il a relevé et guéri des gens.
C’en est fini avec lui.

Mais est-ce vraiment la fin ?
N’est-ce pas peut-être plutôt le début d’une histoire glorieuse qui parle de l’amour de Dieu envers la vie ? Et le début d’une histoire qui unit l’histoire de Jésus à mon histoire toute personnelle ?